Vous avez trouvé un nom percutant, un logo accrocheur ou un slogan inoubliable ? Félicitations. Mais dans l’univers concurrentiel d’aujourd’hui, une création non protégée est une proie facile pour les copieurs. Pour éviter le détournement ou l’usurpation, une seule solution légale s’impose : le dépôt de marque auprès de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Voici les étapes incontournables pour protéger sa marque efficacement.
Pourquoi déposer sa marque est une urgence stratégique ?
Beaucoup d’entrepreneurs confondent existence commerciale et protection juridique. Utiliser un nom sur ses factures ou son site web ne vous confère aucun droit exclusif. Seul le dépôt à l’INPI vous octroie un monopole d’exploitation sur toute la France.
Sans ce dépôt, un concurrent peut légalement déposer votre propre nom, puis vous interdire de l’utiliser. C’est une situation absurde mais fréquente. Protéger sa marque, c’est donc s’assurer un droit de priorité et la possibilité d’attaquer toute contrefaçon.
Étape 1 : Réaliser une recherche d’antériorité (indispensable)

Avant de vous lancer, ne tombez pas amoureux d’un nom déjà pris. La première étape consiste à effectuer une recherche d’antériorité dans la base de données de l’INPI.
Vous devez vérifier que votre signe (nom, logo, slogan) n’est pas déjà enregistré pour des produits ou services similaires aux vôtres. Cette recherche évite un refus et un dépôt inutile. Pour plus de sécurité, faites appel à un mandataire en propriété industrielle ou utilisez l’outil gratuit « E-Soleil » de l’INPI. Une recherche approximative est la principale cause de rejet. Cliquez ici pour en savoir plus.
Étape 2 : Bien définir la liste des produits et services (classification de Nice)
C’est l’étape technique la plus cruciale. Lors du dépôt, vous devez lister les produits ou services que votre marque couvrira, en suivant la classification de Nice qui divise l’économie en 45 classes.
-
Classes 1 à 34 : Produits (ex : vêtements classe 25, cosmétiques classe 3).
-
Classes 35 à 45 : Services (ex : publicité classe 35, restauration classe 43).
Attention : Une marque n’est protégée que pour les classes choisies. Si vous vendez des chaussures (classe 25) mais oubliez le cuir (classe 18), un concurrent pourra déposer le même nom pour les sacs à main. Soyez large mais réaliste pour maîtriser les coûts.
Étape 3 : Constituer et déposer le dossier en ligne
L’INPI n’accepte plus que les dépôts électroniques via son site internet. Votre dossier doit contenir :
-
Le signe à protéger (format image pour un logo, texte pour un nom).
-
La liste des produits et services (classes de Nice).
-
Le paiement des frais d’enregistrement.
Le coût de base est de 190 € pour une marque individuelle (une classe), puis 40 € par classe supplémentaire à partir de la 2e. Pour un dépôt de marque complet sur 3 classes, comptez environ 270 €. Le paiement se fait en ligne par carte bancaire.
Bon à savoir : depuis 2020, la description des produits doit être claire et précise. Fini les listes vagues comme « tous les produits possibles ». L’INPI contrôle désormais la cohérence.
Étape 4 : L’examen par l’INPI et la publication
Après dépôt, vous recevez un récépissé. Puis l’INPI examine votre demande sous deux angles :
-
La légalité : votre signe n’est pas contraire à l’ordre public (insulte, symbole officiel).
-
La distinctivité : il ne s’agit pas d’un terme trop générique (ex : « pomme » pour des fruits).
Si tout est conforme, votre marque est publiée au Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle (BOPI). S’ensuit une période de deux mois pendant laquelle un tiers peut former opposition. Si aucune opposition n’est déposée, votre certificat d’enregistrement vous est envoyé. Félicitations : vous avez officiellement protégé votre marque !